Un de mes passe-temps favoris, que j’avais mis depuis longtemps mis de côté, c’est l’Improvisation théâtrale….. Je sais pourquoi j’avais arrêté, et je ne sais pas trop pourquoi j’ai eu du mal à renouer avec ce formidable outil de développement personnel et de créativité qu’est l’impro’.

Je voulais partager avec vous la manière dont cela m’aide au quotidien dans mes explorations….

Planifier les imprévus, le prochain “soft-skill” en vogue

Récemment je suis tombé sur un article abordant le sujet de l’improvisation dans les projets et posant la question de la sur-planification.

J’ai trouvé l’approche intéressante, car dans n’importe lequel des projets que vous aurez à mettre sur pied, il y aura toujours des imprévus (bons et moins bons) qui viendront chambouler vos plans, si bien établis.

L’idée ici, c’est justement d’accueillir l’imprévu comme une opportunité. Alors là vous allez me dire que ça fait très marketing : la vérité c’est que rebondir face à une nouvelle information c’est un savoir-être qui se développe, et un savoir-faire qui se travaille !

En effet, les bouleversements économiques, écologiques et sociaux nous laissent à penser que le paradigme des grands plans de transformations tels que l’on a pu les connaître au siècle précédent ne pourra plus s’appliquer dans notre monde actuel. (#OKboomer).

Vous voulez des exemples ? Parmi ces nombreux enjeux immédiats on peut déjà observer les conséquences brutales et à tous les niveaux : incendies en Australie, début de guerre froide entre les US et l’Irak, vie privée et donnée, débat sur l’intelligence artificielle et le travail…etc. On pourrait continuer comme cela pendant des heures !

Il est temps de réagir, me direz vous. Oui mais comment ? Les institutions privées comme public ne peuvent simplement pas se permettre de proposer des solutions long termistes et peu réalistes. On le voit tous les jours dans les débats.

Pour autant, je ne pense pas que les deux soient totalement incompatibles. C’est d’ailleurs indispensable d’établir de grands objectifs long terme attenants aux valeurs et aux ambitions de notre société.

Toutefois, je suis convaincu par contre que l’on à besoin de petites victoires ! Bâtir des plan d’actions complexe ne marche pas. Définir des objectifs ambitieux et laisser la possibilité aux idées “transgressives” d’émerger, ça c’est faisable.

C’est d’ailleurs pour ça que je sens comme un poisson dans l’eau dans le numérique, car une année c’est 3 mois. Il est de facto impossible de garder une affirmation pour vrai au-delà de cette période de temps.

Challenger le statu quo

Vous l’aurez compris, savoir rebattre les cartes, s’adapter et ne pas avoir peur de proposer (et d’accepter) des solutions qui semble non entendables est devenue une vraie nécessité.

J’ai vu beaucoup de fiche poste avec dans la section profil recherché du : “ force de proposition” ou “esprit créatif”. Bon même si ça ce fait de moins en moins, je vous invite à quitter la page tout de suite, ou plus drôle à challenger votre interlocuteur : “ qu’entendez-vous par créatif ?”

Souvent les idées qui sortent du cadre se perdent dans les limbes d’outlook. Ca fini souvent mal chez vous:  fatigue intellectuelle (burn out), découragement et surtout un effet de bord indésirable : le statut-quo !!! 

Pour créer un environnement viable à l’innovation, et éviter cet effet, il faut rassurer tout le monde : tout le monde peut avoir de bonnes idées. En fait, cela ne dépend d’une personne. Vous croyez que Steeve Job c’est levé un matin et c’est avait trouvé l’idée de l’iPod? NOPE

Les bonnes idées sont souvent une conjecture de rencontres, discussions autour d’un café, et de sérendipité. En gros, plus vous affûtez vos capacités d’écoute et d’analyse, plus votre cerveau fera des connexions rapidement.

Improviser demande un cadre et des règles

Maintenant vous l’attendiez, faisons le lien avec mon passe-temps favori : l’impro’. L’improvisation au théâtre permet dans un cadre, de collectivement faire émerger une trame narrative qui peut parfois vous emmener très loin !

Pour cela il existe plusieurs règles – qui sont davantage des consignes, car pour que l’expérience se déroule au mieux – la fondamentale étant : l’écoute.

Pour commencer, il existe plusieurs formats imaginables pour improviser en théâtre, ici je prends le plus connu et le mieux documenter : les matchs d’improvisation.

Pour faire simple : les matchs opposent  (amicalement) deux équipes, qui redoublent de créativité pour gagner des points, en proposant au public seul juge, une expérience inédite.

Le côté gain de points étant plus pour la forme que pour déterminer un vainqueur. L’objectif vous l’aurez compris est surtout de faire de belles improvisations.

Un arbitre (qui fait également office de présentateur) propose des thèmes d’improvisations qui sont généralement très originaux et à double sens, pour laisser libre à court à l’imagination des comédien.n.e.s.. Il est aussi garant de l’animation du jeu, de l’ambiance, et du respect du timing.

L’autre fonction essentielle de l’arbitre est de détecter les fautes de jeu. Ces fautes sont la, et c’est important pour la suite de mon propos, gérer les comportements nocifs en empêchant les improvisations de dévier. On retrouvera par exemple des fautes du type : manque d’écoute, rudesse excessive, cabotinage, obstruction… etc.

Elles comportent toutes un niveau de gravité, qui vise comme vous l’aurez compris à faire en sorte que les improvisateurs s’écoutent mieux et collaborent davantage ensemble.

Elles n’entendent aucun jugement de valeur sur le fond.

C’est un résumé très modeste du fonctionnement du déroulement d’une représentation d’improvisation, que cela soit sous forme d’un match ou d’un autre concept. Si vous voulez davantage d’information pour vous y lancer, vous trouverez de nombreux blogs traitant du sujet sur le web.

Développer un état d’esprit contre-intuitif

Vous l’aurez compris, l’improvisation permet de s’organiser autour de trois pivots :

  • Fixer des règles et formaliser un cadre où les idées pourraient fuser,
  • Faire en sorte que tout le monde s’écoute et puissent s’exprimer c’est mieux,
  • Tester des idées sans peur de l’échec ni de jugement,

Si je traduis cela dans un contexte plus professionnel, c’est faire de créer un espace matériel et temporel où les collaborateurs pourront se sentir en “sécurité” pour expérimenter sans sentir le poids du regard de la hiérarchie où d’autres collègues.

Pour cela un autre acteur est nécessaire : un facilitateur externe qui viendra plus facilement imposer des règles et une cadence de jeu.

En effet, à l’instar des matchs d’improvisation, chacun round est assez court (entre 1 et 7 minutes) ce qui oblige à poser une histoire rapidement en restant dans la simplicité.

Le facilitateur pourra aussi déterminer un plan de séance en amont, et improviser le contenu de celle-ci en fonction de l’énergie, du répondant des participants et de l’objectif de l’atelier.

Son rôle est de faire en sorte de bousculer – gentiment – les participants, afin de trouver des solutions inédites par exemple dans le cadre de la résolution d’un problème.

Pour combattre cet état de fait bien établi du “on a toujours fait comme cela” ou alors “ on a déjà essayé”, il faut se battre contre des préjugés profondément ancrés dans les mentalités.

C’est pourquoi cet exercice est si difficile, car il nécessite d’accepter des concepts qui semblent bien farfelus et de construire une histoire autour qui est digne d’intérêt.

Improvisation et intelligence collective

Pour conclure, improviser en équipe c’est aussi connaitre de manière intuitive les connaissances et les compétences de chacun des membres qui la composent.

De ce faite même dans des situations où l’incertitude est grande, où il est difficile de prédire qu’elles seront les solutions appropriées, on peut mitiger le risque en s’appuyant déjà sur ce que le collective est capable de produire. Il est donc important de restorer la confiance entre les membres d’une équipe travaillant sur un projet.

Pour cela, il existe le rôle du facilitateur est clé, où à défaut du leader désigné. Il saura valoriser les profils restant en retrait pour leur donner un temps parole équivalente aux profils plus extravertis.